L’artiste du mois: DEEJAY

5 novembre 2012 | Par

Interview de « Mahorais du monde » http://mahoraisdumonde.blogspot.fr/

 

Rencontre avec l’artiste du moment, qui nous présente son parcours de ses débuts dans le rap jusqu’à la réalisation d’un de ses rêves : son premier album sorti en juillet 2012 et déjà dans les bacs.
Son nom de scène DeeJay a été inspiré de son prénom. Un jeune homme talentueux qui évolue dans l’univers Hip Hop de Mayotte avec un style propre à lui qui le distingue parmi les autres. Avec déjà quelques années d’expérience musical DeeJay est sans doute un de nos meilleurs espoirs dans le milieu du rap mahorais.
Je vous invite maintenant à lire l’interview de notre étoile du jour.

Dis-nous qui tu es et d’où viens tu ?
DEEJAY (Djamaldine HAROUNA) j’ai 26 ans, je suis de Cavani (Mamoudzou) / Combani(Tsingoni) et je vis actuellement en métropole sur la ville de Montauban dans le 82.

 

 Quel a été ton parcours scolaire ?
 J’ai fait toutes mes études jusqu’en 3ème à Mayotte, ensuite j’ai intégré un cursus professionnel en comptabilité en métropole.
Je n’ai jamais vraiment aimé l’école malgré mon intérêt pour la langue française, le savoir en générale mais plus intéressé par les Arts et les sciences humaines. L’école j’y  allai par principe et pour faire plaisir à mes parents :) .

 

 Quel a été ton meilleur souvenir à  Mayotte ?
Chaque instant passé à Mayotte est un grand souvenir pour moi mais je dirai que les 3 années passées à Combani (le village de ma mère) ont étés les plus marquantes car c’est dans ce village que j’ai vraiment pris gout au Hip-hop et c’est également le village de mes premiers pas scéniques.

 

 Qu’est ce qui t’as poussé à chanter ?
À l’époque, j’étais en primaire, mon frère faisait parti du groupe « Clan macoy », j’assistai aux répétitions, aux prestations scéniques du groupe etc… et je trouvais cela très beau. J’ai toujours été attiré par le milieu artistique. Au collège, quand mon frère répétait dans sa chambre j’étais à coté et dès qu’il quittait la chambre je me mettais à rapper ses textes et à l’imiter.
Par la suite il m’a aidé à écrire des textes et à les rapper. Depuis j’ai pris gout à l’écriture et au rap et j’en suis même devenu accro !

 

 Comment as-tu trouvé ton pseudo ?
C’est mon frère qui m’a donné ce surnom. Et tout simplement : Djamaldine sans le « dine » donne Djamal, sans le « a » cela devient « Dj mal » et sans le « mal » a donné le blase « Deejay ». (Mdm : pas simple à trouver ce pseudo lol)

 

 Ou a été tourné ton clip et qui est cette belle demoiselle J ?
Produit avec le label « STAFOULA.RECORDS » le clip « dernière lettre » a été tourné sur Bordeaux à la plage du Porge par « KLD PICTURE ». Lady Kaylani est une artiste qui fait partie du même label que moi. Travaillé en commun n’est donc pas une surprise.

 

 Pourquoi avoir choisi une chanson dédiée à la « maman » ?
« Dernière lettre » est le deuxième morceau de l’album à avoir était enregistrer en studio. Ce n’est pas seulement une chanson dédiée aux mamans mais une lettre lu à voix haute qui s’adresse à toutes les personnes qui me connaissent et qui comptent pour moi. Je voulais donc lui donner une apparence et leurs poster ma lettre en image.

 

 Qu’est ce qui est le plus dur dans ta passion la chanson?
Le rapport à l’écriture part souvent d’une démarche personnel. Lorsqu’on soumet sa musique aux autres, c’est là que réside la difficulté. Réussir à toucher les gens, à leur faire apprécier  votre travail est la chose la plus délicate à faire. Une chanson réussit est une chanson qui se vit.

 

 D’où  te viens ton inspiration ?
J’écoute beaucoup de musique, surtout du rap et également de la musique mahoraise traditionnelle (chigoma, mgodro etc…) mais ma principale inspiration reste « la garde impériale » (MdM : groupe mythique originaire de Cavani et l’un des pionniers dans l’histoire du rap Mahorais). Quand j’écoute du « G-1 » cela me donne l’envie de toujours être à la hauteur « du classico » car c’est un groupe qui a su accompagné toute une génération.
Au niveau de l’écriture, c’est vraiment de l’instinct et selon la thématique que je tente d’explorer.
Il y’a différentes façons d’appréhender le Rap, selon le type de son sur lequel on travail. En tout cas c’est comme ça chez moi. De l’égo-trip à un morceau plus conscient, il y’a différentes couleurs, différents panels donc différents sons.

 

  Quels sont tes projets ?
Je viens de terminer mon premier Album solo et je suis en train de travailler en ce moment sur un projet qui s’intitulera « ALL STARZ » sur lequel va figurer quelques morceaux déjà connu par certains qui suivent ce que je fais, des nouveaux morceaux qui sont en préparation et pas mal de featuring.

 

 Une anecdote ?
Ma rencontre avec SEFYU à Limoges pour la première partie de son concert avec « LA GARDE IMPERIALE et LYRICAL MIT. Toute la famille sur scène c’est un truc de fou !

 

Ton album est sorti récemment, comment a été le parcours jusqu’à l’aboutissement de ton projet ?
En fait lorsque j’ai décidé de commencer mon album solo, j’ai commencé a travaillé avec « DAD KILLAH » car j’avais l’habitude de bossé avec lui vue que nous faisons partie du même groupe mais j’ai dû écourter l’entreprise pour des raisons de planning.
Quelques mois plus tard j’ai discuté avec « BAZMO » (producteur du S.R) qui lui voulait juste prendre des nouvelles, à la base,  pour savoir où en était mon projet. Se faisant il m’a alors proposé de reprendre l’album et de le faire renaitre au saint du « STAFOULA.RECORDS » (Label Mahorais). J’ai donc collaboré avec le label et le résultat est à la hauteur de mes attentes.

 

 Quels conseils donnerais-tu à un jeune de Mayotte qui voudraient aussi chanter?
Comme dirais mon frère : « Msouboute, il faut l’être même un peu car sans nos rêves nos vies ne valent plus rien ».
Cette phrase signifie beaucoup pour moi car elle est vraie. Il ne faut pas avoir peur de faire les choses auxquelles on croit. Il ne faut pas avoir à faire face à ses regrets. L’essentiel, c’est de s’épanouir dans sa passion mais c’est aussi de la discipline et beaucoup de travail ; tant sur le plan de l’écriture que dans la recherche musicale.

 

    Qu’est-ce que tu fais actuellement à part la musique?
De la musique et encore de la musique lol, sinon j’ai une vie privée.
    Peut-on vivre de la musique à Mayotte ?
Je pense que c’est possible mais pas dans l’immédiat, je dirais dans un futur proche. Je pense que c’est avec la nouvelle génération de Mayotte que la musique va prendre une nouvelle trajectoire afin de mieux s’exporter et toucher un plus vaste publique.

 

              Qu’est-ce que tu aimes le plus, et ce que tu déteste le plus dans la musique ?
J’aime la musique parce qu’elle ne connait pas de limite. Je ne peux pas la détesté car c’est ce que je fais de mieux lol. (MdM : Passioné jusqu’au bout !)

 

                Qui est à la conception de ta pochette ?
Je suis à l’origine de toute la conception graphique du disque.

 

              Et qui a fait ta musique et comment tu as choisis celles que tu utilises ? Les instrus ?
Avant de commencer à créer ma musique, je commence toujours par me l’imaginé et la structuré dans ma tête. Je conçois comme un scénario. Je la visualise ensuite j’écris; et seulement après je commence à composer.
Les titres figurants « sur les routes du monde » n’ont pas étaient choisis au hasard; c’est un cheminement logique à travers « mon Banga ». Aucun morceau n’a donc était mis en retrait vue que tout l’album était déjà structuré.
Les instrus sont à 50% de ma composition et certains sont issus d’une plateforme d’échange entre « beatmaker ».

 

          QUE PENSEZ VOUS DE MAHORAIS DU MONDE ?
“The Wordl is Ours!” Je pense qu’avec ce slogan on a tout dis. J’adhère complètement au but surtout en sachant d’où l’on vient.
Je crois que c’est l’avenir, en termes d’information et de communication positive. C’est important de médiatiser les évènements, ça l’est encore plus quand on diffuse l’image positive, et j’en suis encore plus heureux quand cela concerne mon ile chérie.
Je souhaite un grand avenir sur le net mais également, inch’allah sur papier.
Ils font qu’on existe, qu’on nous donne les moyens de se faire connaitre et que le monde sache que Mayotte a ses talents et ses réussites (et non seulement des mangeurs de mabawas lol). Comme je le dis dans Territoire (exclu hors Album,) « Mayotte a sa jeunesse dorée, ses jeunes espoirs »
MAHORAIS DU MONDE, c’est des Mahorais sur les routes du monde qui brille pour la terre mère. Et Merci pour cet espace. Bonne continuation.

 

Retrouver Deejay sur http://www.deejay-lesite.com/.

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